Caroline Desile est une artiste céramiste contemporaine formée à l’architecture et à l’urbanisme à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville.
Après quinze années au sein de l’agence TVK à Paris, où elle développe une réflexion sur la ville, le paysage et les espaces publics, la matière terre s’impose comme un prolongement naturel de son parcours, lui permettant d’engager un dialogue plus intime entre humain, architecture et nature. Captivée par le Land Art, l’architecture, notamment moderne et brutaliste, mais aussi par les paysages façonnés par le temps — reliefs, strates, érosions —, elle trouve dans la céramique un terrain d’exploration à la fois concret et symbolique.
À travers des sculptures, bas-reliefs et installations en grès, elle explore la céramique comme une micro-architecture sensible, un fragment de territoire – un microcosme – à habiter par le regard et l’espace. Chaque oeuvre est une réinterprétation de notre environnement, construit ou organique, en perpétuelle mutation.
fragments de territoires. sculptures à habiter.
Le travail de Caroline Desile interroge la manière dont l’architecture, la matière et les formes naturelles façonnent notre perception du territoire. Chaque œuvre est pensée comme une entité autonome mais ouverte à l’assemblage, à la recomposition et à la mutation — à l’image des dynamiques collectives qui structurent les villes et les paysages.
Entre sculpture et design, ses créations prennent la forme de volumes architecturés ou plus organiques, façonnés à la main, traduisant à la fois une forme de rigueur géométrique et l’expressivité brute du matériau. Elles évoquent des pièces urbaines, des fragments de paysage ou des reliefs minéraux – autant de terrains exploratoires, sensibles et évolutifs.
modularité et assemblage comme principe d’écriture.
La modularité est au cœur de sa démarche, envisagée comme une analogie avec la société, les structures naturelles ou les jeux de construction.
Chaque module — volume, creux, relief ou porte-à-faux — est conçu comme une unité capable de dialoguer avec les autres. Par des jeux de composition, de pleins et de vides, de strates et d’équilibres, l’œuvre se déploie comme un système ouvert, évolutif, invitant à la recomposition et à l’appropriation. L’ensemble devient un paysage construit, un territoire en constante évolution. Cette approche engage la personne comme acteur de son environnement.
écrire le temps et l’espace avec la lumière.
La lumière joue un rôle fondamental dans son travail sculptural. Elle révèle les reliefs, anime les surfaces et transforme la perception des œuvres au fil du temps. Les jeux d’ombre et de lumière inscrivent chaque pièce dans une temporalité mouvante, faisant de l’espace un élément actif de la sculpture.
construire avec la Terre.
Chaque pièce est conçue comme une édification à l’échelle intime, une géographie condensée. Le grès, matière brute et géologique, constitue le socle de cette recherche. Travaillé à la main, il conserve les traces du geste, de la construction et de la transformation, mettant en exergue les notions d’ancrage, d’équilibre et de masse.L’émail, lorsqu’il est utilisé, agit comme une strate supplémentaire, révélant sans masquer, et introduisant une part d’aléatoire et de poésie.