Chaque pièce est construite à la plaque, dans un modelage lent et tactile, presque méditatif. Comme une maquette ou un édifice miniature, la sculpture prend forme par ajustements progressifs, dans une tension entre construction maîtrisée et liberté du geste. Le matériau, le grès, impose son rythme dans la mise en œuvre du plan. Il suggère, parfois résiste, et engage un dialogue.
J’aime le ressenti de la matière laissée brute, une façon de rendre lisible et préhensible la mémoire du geste, le matériau et ce que la Terre nous offre. Ce contraste — ou plutôt cet échange — entre formes architecturées et matière originelle, devient un espace d’expression.
L’émail, lorsqu’il est utilisé, agit comme une strate supplémentaire : il révèle, souligne, sans masquer. Sa part d’aléatoire introduit une incertitude assumée, une poésie de l’imprévu.
Chaque pièce est autonome, mais pensée comme un fragment d’un tout. L’assemblage, la répétition, la variation deviennent un langage. Ce principe sériel me permet d’explorer un territoire formel, en jouant sur les échos, les écarts, les mutations.
©marie deshaye
©julialaposegourmande